description

Blog d'un médecin généraliste, chef de clinique universitaire:
« Guérir parfois, soulager souvent, écouter toujours. » (Louis Pasteur)

lundi 8 mai 2017

Dragi Webdo n°139: certificats de sport, dépression et risque cardiovasculaire, régime sans gluten, vitamine D

Bonjour,  je n'ai pas oublié de faire ma veille bibliographique cette semaine! Mais il est vrai que la campagne électorale était au premier temps ces derniers jours. J'ai cependant eu le temps de créer depuis quelques jours maintenant la newsletter du blog pour que vous ne ratiez aucun Dragi Webdo! il suffit de vous inscrire en écrivant votre mail dans le cadre en haut à droite de la page. Et maintenant, voici les actualités!


1/ Certificats médicaux

On l'attendait et le voici! L'arrêté relatifs aux certificats pour renouvellement de licence sportive. Il décrit le questionnaire à effectuer par le patient et stipule qu'en cas de réponse "non" partout, aucun certificat médical n'est nécessaire. Y'a plus qu'a diffuser au près des fédérations sportives!


2/ Pharmacovigilance:

Commençons par un article portant sur la tolérance musculaire des statines. Les auteurs de cet article retrouvent dans une cohorte rétrospective de patients appariés sur un score de propension une augmentation des lombalgies chez les patients traités par statines. Ce risque était augmenté de 27% sous traitement pour un NNH (number need to harm) de 17!

Ce n'est pas souvent mais l'ANSM suspend l'AMM d'une série de génériques pour une anomalie dans les essais de bioéquivalence en Inde et concernant de l'hydroxyzine et du perindopril/indapamide. Ce document dit aussi que Sanofi, Sandoz, Mylan, Biogaran, Teva, Arrow et Cristers fabriquent leur hydroxyzine au même endroit ; donc générique ou princeps ne doivent pas être très différents quelque soit la marque.


3/ Cardiovasculaire

Depuis quelques années, on sait que la dépression est un facteur de risque cardiovasculaire. Pour confirmer ce statut, une étude observationnelle a étudié des critères de jugements cardiovasculaire chez des patients non dépressifs, dépressif traités et dépressif non traités. Les auteurs retrouvent une augmentation du risque de mortalité cardiovasculaire chez les dépressifs non traités par rapport aux non-dépressifs et pas de différence entre les dépressifs traités et les non-dépressifs. On pourrait en conclure que traiter la dépression permet de retrouver un risque cardiovasculaire de "non dépressif". Cependant, le groupe des patients dépressifs traités ne comportait que 15 évènements pour 223 patients (6,7%), et l'absence de différence peut être due à un manque de puissance. Traiter la dépression semble associé à une mortalité cardiovasculaire moindre que d'être dépressif non traité. "Semble" car la comparaison directe entre dépressifs traités et non-traités est une analyse de sensibilité avec un p= 0,049. Donc si cette analyse avait été prévue au protocole, il aurait fallu prendre en compte les comparaisons multiples, et ce résultats n'aurait pas été significatif (et ce n'est pas un essai contrôlé randomisé).


4/ Nutrition

Deux articles sur les régimes et supplémentations. D'abord, un article du BMJ a concerné le régime pauvre en gluten sur des critères de jugements cardiovasculaire. Cette étude incluait exclusivement patients SANS maladie Cœliaque. Ainsi, avoir un régime pauvre en gluten ne diminuait pas le risque cardiovasculaire. Au contraire, il est possible que l'éviction en grain lié à au régime pauvre en gluten puisse augmenter le risque cardiovasculaire. (Je rappelle que ce régime a un bénéfice indiscutable chez les patients avec une maladie cœliaque).

Ensuite, des auteurs du Lancet Endocrinology ont étudié la supplémentation mensuelle en vitamine D chez des patients volontaires de 50 à 84 ans randomisés en groupe traité et groupe placebo. Après 3,4 ans de traitement en moyenne, il n'y avait pas de bénéfice sur le nombre de chutes ou le nombre de fracture chez ces patients âgés de  65,9 ans moyenne.

Voilà pour cette semaine! Et pour conclure, parlons jeux de rôle. Là, j'ai tous les internes qui ont fait des JdR en cours qui décrochent parce que c'était chiant. Mais, non, là je vais parler de Donjon et Dragons, le JdR héroïc-fantasy, qui semble être un moyen d'ouverture et de traiter certaines pathologies. Il faudrait donc former les médecins à être maître de jeu et prévoir une cotation spéciale pour des séances avec 4-5 patients qui prendront 2-3 heures chacune...
Bonne soirée et à bientôt!

@Dr_Agibus


Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire